(B)réflexions sur la vie qui va
Donner la priorité aux choses de l’esprit, c'est-à-dire aux fins de l’existence, non seulement n'empêche pas de s’occuper des choses de la… matière, c'est-à-dire des moyens d’exister, mais permet de le faire vite et bien, c'est-à-dire au mieux.
Si on met les fins à la... fin, c'est-à-dire les considère non pas comme la raison même de vivre et la condition de la vie, mais comme un « loisir » qu’on peut s’offrir si les obligations existentielles nous en laissent le… loisir, on se prive non seulement de la raison de faire face à ces obligations, c'est-à-dire du principal ressort de l’action, mais encore du meilleur de notre intelligence, puisqu’elle n’est pas concernée en profondeur alors par notre activité. Résultat : on fait les choses aussi laborieusement que mal.
Par ailleurs, la fin déterminant, c'est-à-dire dé-limitant, les moyens, les besoins matériels, c'est-à-dire de moyens, sont, sans fin, indéfinis, c'est-à-dire impossibles à satisfaire : plus on satisfait un "besoin" sans fin, et plus il grandit, c’est-à-dire plus il est... insatisfait. Plus on donne la priorité aux moyens, au « matériel », et plus on est insatisfait, malheureux.
Donner la priorité aux choses de la matière, c’est faire une croix à la fois sur la « culture » et sur le bonheur : en un mot, sur la vie.