(B)réflexions sur la vie qui va
On ne peut pas dire non à tout : ce serait dire non à la vie, c'est-à-dire suicidaire. Dire non à tout est faiblesse, lâcheté. Il n’y a de courage à dire non que si ce nom suppose un oui, si c’est le corollaire de ce oui, et non une fin en soi.
Le « non » en soi, le « non » absolu, est, évidemment, négatif, c'est-à-dire vide de sens ; c’est le « non » relatif, le « non » qu’un « oui » sous-tend, qui est positif, sensé.
Je suis brave quand je dis non au désespoir, parce que je dis oui à l’espérance. Je suis brave quand je dis non à la violence, parce que je dis oui à la douceur. Le mauvais « non » est une dérobade, une fuite de l’engagement ; le bon est l’engagement même. On ne s’engage qu’en disant oui.
A moins qu’il ne consiste à fuir l’existence, le courage consiste d’abord à dire oui, oui à son idéal par exemple, et, par suite, non à ce qui le nie.
Quand tu es obligé de dire non, n’oublie jamais que c’est au nom d’un « oui », que c’est ce « oui » qui dit non.