(B)réflexions sur la vie qui va
Canicule. Et, comme il se doit depuis que le Français moyen possède un moyen de locomotion à quatre roues, exode urbain. Les artères de la capitale sont encombrées, obstruées par un flot d'automobiles, rendant la circulation - et la respiration - presque impossible. Ruée vers l'air à l'origine, cet exode tient plus, depuis longtemps déjà, de la fuite que de la poursuite, de l'aliénation que de la libération.
Liberté d'hier, le loisir est la contrainte, c'est-à-dire le conformisme, d'aujourd'hui, où la pression sociale est plus forte sur le "temps libre" que sur le temps... occupé : on est, paradoxalement, moins soumis à cette pression dans la vie professionnelle qu'en dehors du travail, lorsqu'on devrait jouir de la plus grande latitude.
Tout se passe comme si le travailleur était, pour le "système", une proie plus coriace que le vacancier, auquel il s'agit de reprendre la liberté concédée au travailleur : chassée par la porte du travail, l'"aliénation" revient par la fenêtre du loisir.