(B)réflexions sur la vie qui va
Une femme et sa fille, dans un hypermarché. La fille fait tomber un papier. La mère s'en aperçoit, mais ne demande pas à sa fille de le ramasser et ne le ramasse pas elle-même : c'est être faible, dupe, bête, que d'être civique; l'intelligence, c'est de participer allègrement au pourrissement de la société, à la destruction de son milieu, à ce qui rendra bientôt, à ce train-là (à grande vitesse), la vie impossible.
Mais où est-ce que les gens, qui ne lisent plus, qui ne réfléchissent plus, puisent ces "idées" absurdes ? Dans l'irréflexion même, justement. Car ce ne sont évidemment pas des idées, c'est-à-dire des produits de la réflexion, mais des réflexes « mis en mots ». Ce sont les « idées » qu’on a quand on n’a pas d’idées, quand on ne pense pas.
Le langage a été donné à l’homme pour déguiser sa pensée (Talleyrand), c'est-à-dire pour mentir. Et à l’homme qui ne pense pas, en lui faisant croire qu’il pense, pour se mentir à lui-même.