(B)réflexions sur la vie qui va
La vitalité du corps jeune est celle de l'instinct, c'est-à-dire de l'inconscient. Le corps est d'autant plus fort que l'esprit, la conscience, est faible, et vice-versa. Le corps est un cheval fou que l'esprit doit assagir, c'est-à-dire maîtriser : la vie est ce combat de la sagesse de l'esprit contre la folie du corps, grâce auquel l'esprit, qui n'est au départ qu'en puissance, se réalise.
Dans la mesure où l'on s'est employé à soumettre son corps aux exigences de son esprit - au lieu de se soumettre à ses caprices -, l'affaiblissement du corps va de pair avec le renforcement de l'esprit, c'est-à-dire de l'être, le corps étant avoir (nous avons un corps, mais nous sommes notre esprit).
La vieillesse n'est un naufrage que si on s'attache à son corps au lieu de s'en arracher. Et on ne s'arrache à son corps qu'en s'attachant à son esprit.
Contre le mal-vieillir, un seul remède : une vie intérieure bien remplie.